5 logiciels pour coder vos données qualitatives

Le terme CAQDAS désigne une famille de logiciels spécifiquement dédiés au codage et à l’analyse des données qualitatives. Plus flexibles qu’un tableur ou qu’un logiciel de traitement de texte, ces produits sont particulièrement adaptés aux analyses thématiques (d’autres logiciels existent pour réaliser des analyses léxicométriques).

Dans un article précédent, nous avons présenté les principales fonctionnalités des CAQDAS. Au-delà de ce socle général, chaque produit possède ses propres spécificités et il vous reviendra de choisir le logiciel le plus adapté à votre mémoire. Pour vous y aider, nous avons passé en revue 5 logiciels disponibles sur le marché : NVivo, Atlas.ti, MaxQDA, Dedoose et DiscoverText (même s’il est vrai que l’appartenance de ce dernier à la catégorie des CAQDAS peut se discuter).

Ne prenez pas la question du choix du logiciel à la légère et n’attendez d’avoir terminé la collecte des données pour commencer à utiliser un CAQDAS. En effet, même s’ils sont relativement intuitifs, ces logiciels nécessitent un certain temps d’apprentissage. Ils ont également le mérite de vous forcer à structurer votre analyse et pourront vous aider à produire un travail plus rigoureux.

Nous vous conseillons donc de tirer avantage des versions gratuites d’évaluation proposées par les éditeurs pour vous faire la main et vérifier que le logiciel correspond bien à vos besoins.

NVivo : La références des logiciels d’analyse qualitative

Version actuelle : 12
Compatibilité : Windows & Mac
Editeur : QSR International
Distributeur France : Ritme Informatique
Version d’essai : 15 jours
Tarif étudiants : 79€ ou 91€ (24 mois)

Au fil de ses versions successives, NVivo est devenu LE logiciel de référence en matière d’analyse des données qualitatives au point que l’expression « j’ai analysé mes données avec NVivo » soit parfois maladroitement utilisée par certains utilisateurs pour crédibiliser leur démarche d’analyse.

Avec NVivo, coder du texte, des pdfs, des sons ou encore des vidéos se révèle être une expérience extrêmement fluide. L’interface ressemble fortement à celle des logiciels Office et vous permet facilement de créer des codes, de les organiser des codes voir d’exporter votre dictionnaire des thèmes (codebook) pour l’intégrer aux annexes de votre mémoire. Ce point est particulièrement important car le codage est l’opération qui prendra le plus de temps lors de votre analyse et force est de constater que NVivo dispose ici d’un sérieux avantage concurrentiel sur ses concurrents.

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Les fonctions d’automatisation du codage sont facilement accessibles pour peu que vous ayez choisi de faire l’acquisition de la version Plus du logiciel : vous pouvez ainsi coder vos données en définissant des termes, en vous appuyant sur le dictionnaire présent dans le logiciel ou encore en tirant profit des fonctionnalités de machine learning (qui il est vrai sont ici moins performantes que chez DiscoverText). Le logiciel met à votre disposition un large choix d’outils de visualisation pour vous accompagner dans la création de vos codes, dans l’organisation de votre projet et dans la création de modèles. Les requêtes permettront, quant à elles, d’approfondir voir de quantifier votre analyse.

  • Le logiciel de référence pour l’analyse des données qualitatives
  • Simplicité d’utilisation
  • Possibilité d’afficher l’interface en français
  • Expérience de codage particulièrement intuitive
  • Documentation en ligne abondante
  • Version Mac moins riche que la version Windows
  • Fonctionnalités collaboratives limitées
  • Relative opacité des fonctionnalités de codage automatique les plus avancées
  • Impossibilité de calculer un taux de fiabilité inter-codeur global sur la version PC

Atlas.ti : Construisez des théories à partir des données

Version actuelle : 8
Compatibilité : Windows et Mac
Editeur : Scientific Software Development GmbH
Distributeur France : Aucun
Version d’essai : Limitée à 10 documents et 50 codes
Tarif étudiants : 75€ (24 mois)

Atlas.ti a longtemps été le principal concurrent de NVivo. Originellement, le logiciel proposait une approche plus inductive que son rival tournée vers la construction de théories à partir des données. Force est de constater que les différences entre les deux produits se sont au fil du temps amoindries. Atlas.ti dispose aujourd’hui des principales fonctionnalités des CAQDAS.

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Sur certains aspects, son interface est d’ailleurs plus intuitive que celle des autres produits (le codage des vidéos est ainsi particulièrement facile) mais dans l’ensemble, les produits sont extrêmement substituables (ce qui ne veut pas dire qu’ils soient compatibles). La plupart des fonctionnalités proposées dans Atlas.ti sont disponibles dans NVivo et inversement.

Deux exceptions méritent cependant d’être soulignées :

  1. Les fonctionnalités d’automatisation du codage proposées par Atlas.ti sont dans l’ensemble moins avancées que celles de NVivo. Impossible en effet de réaliser un codage automatisé des thèmes sur la base du dictionnaire, de réaliser un codage automatisé des sentiments (très négatif, négatif, neutre, positif, très positif) ou encore de coder une partie des données manuellement pour apprendre au logiciel à poursuivre l’analyse automatiquement.
  2. Atlas.ti propose en revanche le système de calcul du taux de fiabilité inter-codeur le plus avancé du marché. Si vous souhaitez mettre en place une procédure de double-codage, c’est probablement vers Atlas.ti que vous devriez vous diriger.
  • Simplicité d’utilisation
  • Fonctionnalités de double codage très avancées
  • Documentation en ligne abondante
  • Version Mac moins riche que la version Windows
  • Pas d’interface en français
  • Fonctionnalités collaboratives limitées
  • Fonctionnalités d’automatisation du codage très limitées

MAXQDA : Un CAQDAS construit pour les Mixed Methods

Version actuelle : 2018
Compatibilité : Windows et Mac
Editeur : Verbi Software
Distributeur France : Aucun
Version d’essai : Limitée à 14 jours
Tarif étudiants : de 45€ à 99€ (en fonction de la version et de la durée de la license)

MaxQDA est le troisième logiciel d’analyse des données qualitatives le plus connu. Ses fonctionnalités se rapprochant de celles de NVivo et Atlas.ti, cet article se focalisera sur les spécificités de ce logiciel. L’interface se présente sous la forme d’un écran comprenant quatre fenêtres correspondant à la liste des documents, aux codes, au contenu du document et à la recherche de segments codés. Même si son contenu est assez standard, la présentation est plutôt originale et pourra déboussoler certains utilisateurs (à titre personnel, je trouve que cette interface est beaucoup plus rigide quelle de NVivo ou de Atlas.ti et nuit quelque peu à l’expérience de codage).

Comme ses concurrents, MaxQDA permet de travailler avec tous les types de données habituels (du texte bien sûr mais également des fichiers pdf, des vidéos, des sons, des images, des tableaux, etc.) Le codage se présente sous une forme tout à fait classique permettant d’organiser les noeuds de façon hiérarchique. De nombreuses représentations visuelles permettront aux utilisateurs d’explorer leur projet et de construire des modèles.

La principale force de MaxQDA réside dans sa capacité non seulement à réaliser une quantification de l’analyse qualitative fondée sur la fréquence d’apparition des codes (ce que les autres CAQDAS proposent généralement) mais aussi à opérer des traitements statistiques avancés (incluant notamment des tests de significativité et des outils permettant de construire des typologies ou encore des échelles de mesure sur la base de données qualitatives).

Ces fonctionnalités font de MaxQDA un logiciel particulièrement pertinent si vous souhaitez vous inscrire dans la tradition des mixed methods research, des méthodes incluant un volet qualitatif et un volet quantitatif. Ces fonctionnalités ont cependant un coût et nécessitent l’acquisition de la version premium du logiciel baptisée MaxQDA Analytics Pro (99 euros pour 12 mois). Autre point fort de MaxQDA : les versions Windows et Mac sont totalement identiques et parfaitement compatibles.

Au rang des limites figure – outre l’interface un peu rigide (mais il s’agit là d’une appréciation tout à fait personnelle) – les fonctionnalités d’automatisation du codage relativement sommaires (par rapport à celles de NVivo) et un mode de calcul du taux de fiabilité inter-codeurs moins satisfaisant que celui implémenté dans Atlas.ti.

  • Fonctionnalités de quantification particulièrement avancées
  • Fonctions habituelles des CAQDAS
  • Version Mac et Windows parfaitement identiques
  • Interface un peu rigide
  • Fonctionnalités d’automatisation du codage relativement limitées
  • Fonctionnalités de calcul du taux de fiabilité inter-codeur moins satisfaisantes que sur Atlas.ti

Dedoose : Une solution en ligne et collaborative

Version actuelle : 8
Compatibilité : Toutes plateformes
Editeur : Dedoose
Distributeur France : Aucun
Version d’essai : 1 mois
Tarif étudiants : 10.95$ par mois

Dedoose se présente comme une web app : Vous n’aurez pas de logiciel à installer sur votre ordinateur, devrez utiliser un navigateur Internet et être connecté à Internet pour pouvoir accéder au logiciel. Vos données seront donc stockées sur les serveurs de Dedoose… mais vous pourrez y accéder depuis n’importer quel ordinateur.

Cette solution facilite le travail collaboratif et c’est là LE point fort de Dedoose. En effet, vous pouvez partager votre projet avec d’autres utilisateurs disposant également d’un abonnement, conduire votre analyse en équipe ou encore opérer un test de fiabilité inter-codeurs.

Comme la plupart de ses concurrents, Dedoose permet d’analyser du texte, des pdf, des images ou encore des vidéos. Même si elle est un petit peu moins fluide que sur NVivo et Atlas.ti, l’expérience de codage reste relativement accessible aux utilisateurs novices. Dedoose présente la plupart des fonctionnalités traditionnelles des CAQDAS à l’exception de la possibilité d’automatiser le codage ou de construire un modèle.

  • Une solution basique
  • Une solution en ligne parfaitement adaptée au travail collaboratif
  • Interface relativement peu intuitive
  • Obligation d’être connecté pour pouvoir utiliser les données
  • Pas d’automatisation possible du codage
  • Pas d’outils permettant de construire des modèles

Discover Text : L’analyse des données qualitatives dopée au machine learning

Version actuelle : n/d
Compatibilité : Toutes plateformes
Editeur : Texifter LLC
Version d’essai : 1 mois
Distributeur France : Ritme Informatique
Tarif étudiants : 24$ par mois

DiscoverText est un logiciel très différents des autres CAQDAS. En effet, DiscoverText a été développé pour permettre d’automatiser l’analyse de gros volumes de données qualitatives collectées sur Internet (des milliers de tweets ou d’avis de clients par exemple). Il sera donc inutile d’utiliser DiscoverText pour conduire un projet s’appuyant sur quelques dizaines d’entretiens.

Le logiciel met à la disposition de ses utilisateurs des outils permettant d’aspirer des contenus disponibles en ligne, de commencer l’analyse manuellement en codant les données et de l’étendre – automatiquement – à l’ensemble du corpus. L’analyse réalisée manuellement permet au logiciel de repérer les mots et les expressions qui sont les plus souvent associées à chaque catégorie… et d’apprendre à analyser les données à son tour.

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Ne vous attendez pas à voir figurer dans le logiciel certaines des fonctionnalités traditionnelles des CAQDAS (ex : la possibilité de dessiner un modèle) : le logiciel est avant tout un outil d’analyse fondé sur le Machine Learning.

DiscoverText est d’un accès plus difficile que les autres logiciels d’analyse qualitative mais, il offre également des possibilités bien supérieures pour l’analyse de big data.

  • Un outil d’analyse très puissant fondé sur le Machine Learning
  • Une solution en ligne et collaborative
  • Adapté aux gros volumes de données qui ne pourraient pas être analysés manuellement
  • Peu pertinent pour les projets fondés sur quelques dizaines de documents
  • Nécessite un sérieux temps d’apprentissage
  • Obligation d’être connecté pour pouvoir utiliser les données
  • Certaines fonctionnalités classiques des CAQDAS sont absentes

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